“Reflux gastro-œsophagien” et position : faut-il choisir ? Que choisir ?

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Dans les années 80, un simple conseil de puériculture, motivé en partie par le souci des conséquences possibles du reflux gastro-œsophagien, a probablement favorisé en France des milliers de morts subites du nourrisson [1]. Ce conseil était de coucher les nourrissons sur le ventre.

Chaque conseil peut avoir de graves répercussions sur la santé de l’enfant, et le “positionnement” des enfants en est un exemple douloureux dans la mémoire des pédiatres. Ce texte vous propose une réflexion à propos des enjeux et des connaissances sur le sujet “position et reflux”, cet aspect étant particulièrement important pour le nourrisson.

Reflux gastro-œsophagien : étiologie

Tout d’abord, de quoi parle-t-on ? Le reflux gastro-œsophagien est le passage du contenu gastrique vers l’œsophage. Lorsque ce liquide parvient jusqu’à la bouche, on parle de régurgitation. Le reflux est banal chez le nourrisson, sachant qu’il boit 120 à 150 ml/kg et par jour – soit 600 ml à 1 l selon l’âge en 4 à 6 fois – et que la contenance de l’œsophage est de 6 ml à 5 mois. Le reflux clinique fait partie des “troubles fonctionnels intestinaux” et serait présent chez 60 % des nourrissons. Par comparaison, un adulte devrait boire 8 à 10 l de liquide par jour (et autant d’air !) s’il était dans la même situation que le nourrisson.

Il faut donc “dédramatiser” le terme “reflux” : il ne s’agit pas d’un diagnostic de maladie mais de la description d’un phénomène banal et le plus souvent sans conséquences, survenant très fréquemment et parfois spectaculairement chez le nourrisson, mais aussi chez tout individu enfant ou adulte plusieurs fois par jour [2]. Cette notion à elle seule pour-rait permettre d’alléger très notablement les conseils de puériculture et prises en charges médicales parfois abusives des reflux du nourrisson.

Tout autre chose est le reflux “maladie” (Gastroesophageal reflux disease des Anglo-Saxons). Il s’agit du même reflux, pas obligatoirement plus fréquent, plus prolongé ou plus acide, mais accompagné de complications ou symptômes gênants sur l’enfant [2, 3]. Ces conséquences seraient pour certains davantage[...]

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À propos de l’auteur

CHU de Rouen, Université de Sherbrooke, Département de Pédiatrie, Hôpital Charles-Nicolle, ROUEN.

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