Utilisation des écrans dans la prise en charge de la douleur aiguë de l’enfant

0

Gates M, Hartling L, Shulhan-Kilroy J et al. Digital technology distraction for acute pain in children: a meta-analysis. Pediatrics, 2020;145:in press.

Les enfants consultant dans des services d’urgence ou hospitalisés ont en moyenne 6,3 procédures invasives par jour, responsables d’une douleur modérée à sévère. La prévention de celle-ci reste aujourd’hui suboptimale. Les traitements médicamenteux ont souvent une utilité limitée en cas de procédure urgente ou à cause de leurs effets secondaires. Des techniques non pharmacologiques avec une approche de distraction sont souvent utilisées actuellement et notamment l’utilisation d’écrans. Plusieurs études ont révélé leur intérêt mais il n’y a jamais eu de synthèse de leur bénéfice.

Le but de ce travail était d’évaluer l’intérêt d’une distraction par un écran par rapport à l’absence de distraction ou une autre forme de distraction.

Tous les articles portant sur la distraction par les écrans lors d’un acte douloureux ont été recherchés dans Medline, Embase et Cochrane Library. Les études étaient classées en essais randomisés contrôlés ou autres études. Une méta-­analyse était réalisée pour évaluer la douleur et l’effet de la distraction (anxiété, stress, peur). La douleur qualifiée d’aiguë correspondait à une douleur d’une durée inférieure à 30 jours.

106 études ont pu être incluses avec un total de 7 820 participants, les 2/3 des travaux étaient des essais randomisés. Dans les différentes études, les âges des enfants étaient entre 2 et 11 ans dans 53,8 % des cas ou correspondaient à une population hétérogène de 2 à 21 ans. La plupart des enfants (64,2 %) étaient en bonne santé avant le processus douloureux aigu. Les actes douloureux étudiés étaient un prélèvement sanguin dans 30,2 % et une extraction dentaire dans 26,4 %. Les distractions numériques proposées étaient réalisées à partir d’un support audio-vidéo (film, dessin animé) dans 42,5 % des cas, des lunettes audio-visuelles dans 20,8 % et des outils de réalités virtuelles dans 20,8 %.

Comparées à des techniques usuelles de soins, l’utilisation d’écrans entraînait une réduction de la douleur modeste rapportée mais cliniquement significative lors d’un acte douloureux (différence moyenne [DM] –0,48 ; IC 95 % : –0,66 à –0,29). On observait aussi une réduction de la douleur rapportée par l’observateur (–0,68 ; IC 95 % : –0,91 à –0,45) et du comportement douloureux de l’enfant (–0,57 ; IC 95 % : –0,94 à –0,19). De même, il y avait une réduction modeste mais significative du stress engendré par la procédure (–0,49 ; IC 95 % : –0,70 à –0,27), du stress rapporté par l’observateur (–0,47 ; IC 95 % : –0,77 à –0,17) et du comportement stressé de l’enfant (–0,35 ; IC[...]

Connectez-vous pour consulter l'article dans son intégralité.

Pas encore abonné(e)
INSCRIVEZ-VOUS

Inscrivez-vous gratuitement et profitez de tous les sites du groupe Performances Médicales

S'inscrire
Partagez.

À propos de l’auteur

Service de Gastro-Entérologie et Nutrition Pédiatriques, Hôpital Armand Trousseau, PARIS.

Laisser un commentaire