Quel est le seuil à partir duquel une hypoglycémie en période néonatale doit être traitée ?

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Van Kempen AAMW, Eskes PF, Nuytemans DHGM et al. Lower versus traditional treatment threshold for neonatal hypoglycemia. N Engl J Med, 2020;382:534-544.

Les hypoglycémies sont les problèmes métaboliques les plus fréquents en période néonatale, elles peuvent être à l’origine de lésions cérébrales. Ces hypoglycémies étant fréquemment non symptomatiques, un monitoring régulier est préconisé chez certains enfants 12 à 36 h après la naissance. Il n’existe en revanche aucun consensus sur le seuil de glycémie à partir duquel un traitement doit être mis en place. Traditionnellement, un seuil inférieur à 0,47 g/L (2,6 mmol/L) est retenu comme pathologique.

Le but de ce travail était d’évaluer si la tolérance d’un seuil plus bas, à savoir inférieur à 0,36 g/L (2 mmol/L), en comparaison du seuil habituel avait un impact notamment sur le développement psychomoteur à l’âge de 18 mois.

Il s’agit d’un essai multicentrique, randomisé, contrôlé, réalisé entre octobre 2007 et avril 2011 dans 17 hôpitaux néerlandais ayant inclus des enfants nés après 35 semaines d’aménorrhée (SA) de plus de 2 000 g avec une indication de surveillance de leur glycémie. Les nouveau-nés éligibles étaient : les enfants nés entre 35 et 37 SA, les enfants avec un poids < 10e ou > 90e percentile pour l’âge et les enfants nés de mères diabétiques. Les enfants avec une hypoglycémie sévère initiale, < 0,35 g/L, étaient exclus.

Les enfants nés dans ces groupes à risque susceptibles de présenter des hypoglycémies modérées 3 à 24 h après la naissance étaient randomisés pour recevoir un apport glucosé soit à partir d’un seuil glycémique inférieur à 0,36 g/L, soit inférieur à 0,47 g/L. L’objectif primaire était d’évaluer le développement psychomoteur à 18 mois des enfants des 2 groupes par l’échelle de Bayley, s’échelonnant dans un sens croissant d’avancement du développement de 50 à 150. Une différence de score de 7,5 était considérée comme significative, correspondant à un décalage des acquisitions d’un mois.

689 enfants ont été inclus dans l’étude, 348 dans le groupe du seuil de glycémie bas et 341 dans le groupe du seuil glycémique de référence. Il n’y avait pas de différence significative en termes de caractéristiques néonatales (âge gestationnel, poids de naissance, genre, score d’Apgar, taux de glycémie initiale) et maternelles (tabagisme, complications liées à la grossesse, statut socio-économique) entre les 2 groupes. Les taux moyens de glycémie étaient de 0,57 ± 0,04 g/L dans le groupe au seuil glycémique bas et de 0,61 ± 0,05 g/L dans le groupe au seuil glycémique de référence. Les scores cognitifs étaient similaires dans les 2 groupes, avec une moyenne de 102,9 ± 0,7 dans le groupe au seuil glycémique bas versus 102,2[...]

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À propos de l’auteur

Service de Gastro-Entérologie et Nutrition Pédiatriques, Hôpital Armand Trousseau, PARIS.

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