Auteur Delaisi De Parseval G.

Psychanalyste, PARIS.

Recommandations L’enfance médiévale : croyances, histoires de cochons et pédagogie
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On sort très étonné de la lecture de ce remarquable livre ; étonné tant on se sent proche de ces ancêtres lointains avec lesquels nous avons partagé le soin de nos enfants, plus ou moins les mêmes au fond. Car contrairement à une idée répandue par l’“historien du dimanche” Philippe Ariès (c’est lui qui se nommait ainsi) dans un livre qui a fait date en 1960, L’enfant et la vie familiale sous l’Ancien Régime, les parents du Moyen Âge aimaient et se souciaient beaucoup de leurs enfants. Et ce même s’ils étaient nombreux à mourir jeunes. Ainsi, sur 182 individus étudiés dans un cimetière d’Ivry-sur-Seine entre le VIe et le XVIe siècle, les trois quarts des enfants étaient morts de maladie. Les causes de la mort allaient des carences alimentaires aux anémies sans doute liées au paludisme, en passant par le rachitisme et l’anthrax ; quant aux nourrissons, ils étaient surtout victimes de dysenterie et de fièvre. Leur mort précoce entraînait des processus de deuil très sophistiqués : funérailles ritualisées, grand soin apporté à l’inhumation et à la sépulture. Nos ancêtres étaient d’ailleurs familiers de la mort (plus que nous qui la cachons !) : de 1347 à 1353, la peste noire a décimé environ un tiers de la population, un fléau auquel les enfants ont payé un lourd tribut.

Revues générales
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La nouvelle loi de bioéthique entrée en application le 1er septembre 2022 a ouvert un nouveau droit aux personnes qui ont été conçues grâce à des dons de gamètes qui, à partir de leur majorité, auront la possibilité d’accéder aux informations identifiantes relatives à leur donneur. Les sujets qui ont été conçus avant la loi de 2022 pourront faire une demande relative à l’identité de leur donneur à la CAPADD : le donneur de sperme – auquel on avait promis l’anonymat – sera consulté et pourra accepter ou refuser de donner son identité. La loi prend également en compte l’accès aux origines pour les couples de femmes et les femmes seules qui recourent à une IAD (insémination par donneur) ; la question des origines prend un autre sens qu’au sein des couples hétérosexuels dans la mesure où ces derniers ne sont pas obligés d’informer l’enfant de son mode de conception ; la communauté scientifique s’accorde sur l’importance de révéler à l’enfant le plus tôt possible son mode de conception. Le rôle du pédiatre est très important dans le conseil aux parents.

Dossier : Questions de bioéthique
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Le devenir psychique des enfants conçus après de longs traitements d’infertilité – y compris après des PMA avec des dons de gamètes anonymes comme le dit la loi française actuelle – est éclairé dans cet article par des éléments de clinique analytique sur plusieurs générations. Ces
“enfants de la dernière chance” sont clairement des enfants précieux et surinvestis par leurs parents, mais pour ces derniers, la page n’est pas définitivement tournée, la naissance d’un enfant étant en même temps source potentielle d’ambivalence dans le couple. L’écoute clinique des enfants eux-mêmes, désormais adultes pour nombre d’entre eux, apporte de nouveaux questionnements. Est discutée la question de l’intérêt psychologique d’une levée possible de l’anonymat des donneurs dans la future loi de bioéthique qui va être révisée en 2019.