Suspicion d’allergie médicamenteuse : quand explorer et jusqu’où ?

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Le terme d’hypersensibilité (HS) aux médicaments recouvre l’ensemble des réactions ressemblant cliniquement à de l’allergie après la prise d’un médicament. L’allergie est une HS dont le mécanisme immunologique est identifié. Les HS sont fréquentes (7-10 % de la population), le plus souvent non allergiques et bénignes (rash maculopapuleux). Cependant, certaines réactions peuvent être graves (anaphylaxie, syndrome de Stevens-Johnson, nécrolyse épidermique toxique…) [1]. Chez l’enfant, les principaux médicaments en cause sont les antibiotiques, notamment les bêtalactamines.

L’entretien méticuleux, aidé par l’analyse du carnet de santé et parfois de photographies, doit permettre de distinguer les réactions immédiates (début dans l’heure suivant la prise du médicament) des réactions non immédiates (au-delà d’une heure), la gravité des manifestations et, finalement, si une exploration allergologique est nécessaire ou non, prenant en compte la pertinence et la disponibilité des examens biologiques (tests in vitro et/ou in vivo : prick-test, intradermoréaction, patch-test, voire test d’activation des basophiles ou de lymphoprolifération). Le test de provocation, gold standard pour le diagnostic, à réaliser en milieu hospitalier, est désormais envisagé d’emblée pour des réactions non sévères, non immédiates, notamment pour les bêtalactamines et les anti-inflammatoires [2] (fig. 1).

Une exploration allergologique doit être envisagée si la réaction est possiblement évocatrice d’une HS, si le médicament incriminé est nécessaire, sans alternative d’efficacité comparable, en prenant en compte le rapport bénéfice-risque.

Les indications d’avis spécialisé sont les suivantes : suspicion d’anaphylaxie médicamenteuse, suspicion d’allergie aux anesthésiques locaux ou généraux, aux anti-inflammatoires non stéroïdiens/antipyrétiques, aux bêtalactamines et de façon plus large à un médicament d’intérêt dans le contexte de besoins spécifiques, et suspicion de réactions allergiques sévères. Un avis spécialisé est indispensable, au moindre doute, pour éviter un diagnostic “d’aller­gie” par excès et l’éviction d’une molécule de façon inadéquate.

Au terme de l’avis spécialisé, étayé selon les cas par une exploration allergo­logique, des préconisations doivent être expliquées et notifiées par écrit à l’enfant et sa famille, adressées au médecin traitant et précisant une conduite à tenir claire : existence ou non d’une HS/allergie et, selon le contexte, liste de médicaments contre-indiqués et ceux susceptibles d’être utilisés ultérieurement. Une réévaluation de ces préconisations en vie réelle est ensuite nécessaire, à distance, afin de savoir si les médicaments autorisés ont effectivement pu être réutilisés[...]

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À propos de l’auteur

Service de pédiatrie, Pavillon médicochirurgical de pédiatrie, ROUBAIX, Unité de pneumologie et allergologie pédiatriques, Hôpital Jeanne de Flandre, CHRU LILLE, Groupe de travail “Allergie en milieu scolaire” de la Société Française d’Allergologie.

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