Editorial

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La néonatologie est à l’honneur dans ce dossier de Réalités Pédiatriques, avec pas moins de trois articles qui lui sont consacrés. Ces trois articles ont été élaborés non seulement avec le bon sens médical mais également avec des données scientifiquement établies. Ces deux aspects, indissociables en pratique, sont indispensables à la croissance et la maturation d’une jeune discipline pédiatrique comme la néonatologie.

La mise au point sur le clampage retardé du cordon ombilical, rédigée par Odile Becquet, rappelle les avantages de cette transfusion de sang “placentaire” au nouveau-né à cette période critique d’adaptation à la vie extra-utérine. La généralisation de la pratique du clampage retardé du cordon au sein des maternités est recommandée par les pédiatres. En effet, le clampage du cordon retardé d’au moins 30 s, et idéalement après l’instauration des premiers cycles respiratoires, prévient la carence en fer de la première année de vie chez le nouveau-né à terme. Chez les nouveau-nés prématurés, il améliore la stabilité hémodynamique, et il permet de réduire les besoins transfusionnels et possiblement l’incidence des hémorragies intra-ventriculaires.

Ainsi, le clampage retardé du cordon, thématique à la frontière de l’obstétrique et de la pédiatrie, est plus souvent prôné par les néonatologistes que par les obstétriciens. Ceci peut sembler paradoxal si l’on considère que la transition de fœtus à nouveau-né est marquée par un changement de “médecin traitant”, de l’obstétricien au néo­natologiste. Comme si ce retard au clampage du cordon, qui signe la fin de la vie aquatique du fœtus et le passage au statut de nouveau-né, devait rappeler à chacun qu’une prise en charge optimale du nouveau-né doit se concevoir dans un continuum entre la période anténatale et postnatale.

Le clampage du cordon ombilical marque également la fin de l’apport nutri­tionnel continu par voie parentérale au fœtus des nutriments d’origine maternelle, et le passage à une alimentation entérale et discontinue par allaitement maternel ou pas. Cette transition brutale impose au nouveau-né d’adapter son système digestif à cette nouvelle fonction, tout aussi nécessaire à la vie extra-utérine que l’adaptation
cardio-respiratoire à la naissance. Parmi les manifestations qui témoignent de la difficulté de s’adapter pleinement à ce nouveau statut, le reflux gastro-œsophagien (RGO) est fréquemment rencontré pendant la période néonatale et les premiers mois de vie. Alors que ce RGO est le plus souvent physiologique, il fait régulièrement l’objet de traitements médicamenteux dont la pertinence et l’efficacité devraient être soigneusement évaluées par le pédiatre, et en particulier le néonatologiste.

Alice Frérot nous rappelle les bonnes pratiques de sa prise en charge,[...]

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À propos de l’auteur

Médecine et Réanimation Néonatales, CHI POISSY-SAINT-GERMAIN-EN-LAYE, Université VERSAILLES SAINT-QUENTIN-EN-YVELINES.

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