Les oreillons

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Histoire des oreillons [1]

Dès l’Antiquité [2], vers 410 av. J.-C., Hippocrate décrit sur l’île de Thasos une affection passagère touchant des adolescents fréquentant les gymnases. Elle se manifeste comme un gonflement non suppuratif en avant de l’oreille, uni- ou bilatéral, avec ou sans fièvre, et qui est suivi, chez quelques-uns, d’une inflammation douloureuse d’un testicule. Cette remarquable description est longtemps restée inaperçue. De Galien jusqu’au xviiie siècle, les médecins confondent le plus souvent les oreillons avec d’autres tuméfactions latérales du cou, comme les écrouelles et d’autres adénites évoluant vers la suppuration [3].

Guillaume de Baillou est le premier à distinguer des épidémies d’oreillons à Paris au xvie siècle. En 1755, Richard Russel en reconnaît le caractère contagieux et, en 1790, Robert Hamilton en donne une description complète (avec les complications, orchite et manifestations neurologiques) devant la Royal Society of Edinburgh. Ces descriptions sont précisées par de grands cliniciens français comme Armand Trousseau. L’origine virale est mise en évidence par des médecins américains en 1934 [3]. Il s’agit d’un virus enveloppé à ARN simple brin (rubulavirus de la famille des Paramyxoviridae).

Si la maladie est reconnue comme maladie contagieuse de l’enfance (pic historique entre 5 et 9 ans), elle doit son importance et sa notoriété à la médecine militaire car elle frappe les armées au moment de la mobilisation des recrues [4]. Les troupes confédérées déclarent ainsi près de 25 000 cas d’oreillons durant les deux premières années de la guerre de Sécession. Lors des deux guerres mondiales, les oreillons sont, après les infections sexuellement transmissibles,[...]

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À propos de l’auteur

Association Française de Pédiatrie Ambulatoire (AFPA), Infovac, Groupe Indépendant d’experts en vaccinologie.

Un commentaire

  1. Excellent article qui nous apporte quelques précisions sur un sujet que l’on croyait bien connaître. Une question à l’auteur : comment est la CRP ? N’est elle pas élevèe comme j’ai pu le lire et l’observer chez un enfant non vacciné présentant une parotidite unilatérale posant un problème de diagnostic ?

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