Quelles sont les indications justifiées de la manométrie œsophagienne en pédiatrie ?

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La manométrie désigne la mesure des pressions d’un organe creux. En gastro-­entérologie, elle est utilisée pour explorer la motricité du tube digestif, notamment au niveau anorectal, œsophagien et, plus rarement, au niveau antro-duodénal.

La manométrie œsophagienne consiste à enregistrer la pression dans l’œsophage et l’estomac après introduction d’un cathéter par voie transnasale. Historiquement, les sondes étaient perfusées à l’eau ou au sérum physiologique, ce qui permet d’obtenir quelques tracés de pression correspondant à différentes positions dans l’œsophage. Depuis une quinzaine d’années, la manométrie haute résolution (MHR) s’est imposée comme la technique de référence. Elle repose sur l’utilisation de sondes comportant de nombreux capteurs électroniques rapprochés, permettant une extra­polation continue du profil de pression œsophagien, représenté sous forme de cartes de pression colorées qui se prêtent à une analyse plus anatomique et plus intuitive de la motricité œsophagienne.

La MHR permet notamment d’évaluer la qualité du péristaltisme du corps œsophagien, la position et la longueur des sphincters œsophagiens, ainsi que la relaxation de la jonction œso-gastrique (JOG), évaluée par la pression de relaxation intégrée (IRP) [1].

Malgré ces progrès techniques, les indications de la manométrie restent limitées en pédiatrie. L’examen est invasif, souvent inconfortable, et nécessite la coopération du patient [2]. En pratique, une exploration morphologique préalable par endoscopie digestive haute avec biopsies, éventuellement complétée par un transit œso-gastro-duodénal (TOGD), est presque toujours nécessaire avant d’envisager cet examen.

Déroulement pratique de l’examen

Il n’existe pas de consensus strict concernant la réalisation de la manométrie œsophagienne chez l’enfant. Les protocoles utilisés sont généralement adaptés des pratiques adultes.

Avant l’âge de 3 ans, l’examen nécessite une sonde pédiatrique spécifique et les indications sont rares dans cette tranche d’âge.

L’examen nécessite un jeûne préalable de 4 à 6 heures, voire 12 heures en cas de suspicion d’achalasie où la stase œsophagienne peut être prolongée, ceci afin de limiter les vomissements pendant la procédure. Il se déroule en présence de l’adulte accompagnant, dans une salle d’exploration ou de consultation. Le médecin qui effectue l’examen est aidé par un deuxième opérateur.

Le patient est de préférence en position allongée, ce qui est plus sensible car cela annule l’effet de gravité, puis éventuellement en position assise, plus physiologique. Il est important d’expliquer à l’enfant qu’il s’agit d’un examen désagréable et de lui en décrire les différentes étapes. Sa participation est indispensable. Une[...]

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À propos de l’auteur

Centre d’Exploration Digestive de l’Enfant, BOULOGNE-BILLANCOURT. Hôpital Armand-Trousseau, PARIS.