Souffle cardiaque chez l’enfant : comment s’assurer de son caractère anorganique ?

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La découverte d’un souffle cardiaque chez l’enfant est une situation fréquente en pratique clinique. En dehors des premiers mois de vie, la majorité des souffles est observée chez des enfants en bonne santé : le cœur normal de l’enfant souffle. L’objectif de cet exposé est de rappeler les éléments caractéristiques du souffle anorganique et de donner aux médecins quelques clés simples pour s’assurer de la normalité du cœur.

Chez les nouveau-nés, un avis spécialisé est indispensable car, si la prévalence du souffle cardiaque est faible (1 %), la moitié environ correspond à une cardiopathie (principalement shunts gauche droite et obstacles valvulaires). Chez les autres, le souffle est de type fonctionnel, souvent en rapport avec l’étroitesse des branches pulmonaires.

Entre l’âge de 2 et 18 ans, un souffle cardiaque est perçu chez 40 à 70 % des enfants et adolescents. Pourquoi les souffles anorganiques (fonctionnels ou innocents) sont-ils plus fréquemment entendus chez les enfants que chez les adultes ? Le point essentiel est la distance entre la membrane du stéthoscope et le ventricule gauche d’où naissent en général les turbulences du flux sanguin : cette distance est de 2-3 cm chez l’enfant et plus grande chez les adultes. Cette proximité permet une excellente transmission des bruits cardiaques et des turbulences physiologiques lors du remplissage et de l’éjection ventriculaire. Ce phénomène explique la raréfaction des souffles anor­ganiques lorsque les enfants atteignent l’âge adulte.

Du fait de sa fréquence, le souffle anorganique a des caractéristiques facilement reconnaissables. Cependant, les médecins ont peu d’expérience avec les souffles organiques, bien plus rares. Aussi, la tentation de demander systématiquement un avis cardiologique peut être grande afin de s’assurer que le cœur est bien normal. Le souffle anorganique étant entendu chez presque tous les enfants à un moment où un autre de leur vie, il serait évidemment déraisonnable, inutile, irréalisable et coûteux de demander une consultation cardiologique systématique. Le souffle anorganique est reconnaissable par 5 caractères : en début de systole, de faible intensité, localisé au bord inférieur gauche du sternum, de timbre vibratoire (musical) et diminuant d’intensité ou disparaissant en position debout.

Une cardiopathie serait suspectée si le souffle systolique avait l’un des 5 éléments suivants : intense, couvrant une grande partie de la systole, avec des irradiations (dos, régions axillaires, creux sus-sternal), augmente en position debout, associé à d’autres anomalies d’auscultation (click, éclat de B2, souffle diastolique, arythmie). Un souffle diastolique ou continu oriente immédiatement vers une cardiopathie. La présence de[...]

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À propos de l’auteur

Pôle Médico-Chirurgical de Pédiatrie, Hôpital Clocheville CHU et Université François Rabelais, TOURS.

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