Diagnostic manqué d’une insuffisance cardiaque dans sa présentation initiale chez des enfants sans cardiopathie connue

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Puri K, Singh H, Denfield SW et al. Missed diagnosis of new-onset systolic heart failure at first presentation in children with no known heart disease. J Pediatr, 2019;208:258-264.e3.

Alors que la prise en charge de l’insuffisance cardiaque chez l’enfant s’est améliorée ces dernières années, son diagnostic rapide et précis reste un challenge en pratique clinique car les signes et symptômes initiaux sont souvent mis sur le compte de pathologies pédiatriques plus communes. La plupart du temps, la dyspnée, les troubles de l’alimentation, les douleurs abdominales et les nausées sont attribués à tort à une infection respiratoire et/ou digestive. La fréquence des diagnostics manqués n’est pas connue mais identifier les barrières qui conduisent à ce délai diagnostique permettrait de mieux prendre en charge les enfants et d’éviter des explorations parfois invasives inutiles.

Le but de ce travail était d’identifier les diagnostics manqués d’insuffisance cardiaque lors des premiers symptômes et de trouver des facteurs associés et les barrières ayant conduit à ce délai diagnostique.

Il s’agit d’une étude rétrospective ayant repris les données d’enfants hospitalisés pour une défaillance cardiaque gauche entre novembre 2003 et novembre 2015 dans le centre hospitalier de Houston. Les enfants de moins de 21 ans hospitalisés pour une défaillance cardiaque aiguë étaient inclus. Les enfants ayant une insuffisance cardiaque connue, une maladie neuromusculaire, un cancer ou une malformation cardiaque étaient exclus. Quatre critères devaient être présents pour porter le diagnostic manqué d’insuffisance cardiaque :

  • un ou plusieurs symptômes de défaillance cardiaque parmi une dyspnée, une toux, une perte d’appétit, des nausées, des douleurs abdominales, des œdèmes, une syncope, une hypersudation, une léthargie ou des douleurs thoraciques ;
  • un ou plusieurs signes de défaillance cardiaque parmi une tachypnée inexpliquée, une tachycardie, un galop ou une hépatomégalie ;
  • une défaillance cardiaque non évoquée dans les diagnostics différentiels ;
  • l’absence de diagnostic fait dans les 24 h suivant l’hospitalisation malgré la persistance des symptômes et signes cliniques.

Une échographie cardiaque était nécessaire pour porter le diagnostic avec une fraction d’éjection < 55 %. Les failles dans l’établissement du diagnostic étaient recherchées : à l’interrogatoire, à l’examen clinique à l’interprétation des examens complémentaires, à l’adressage et à la réévaluation du patient.

Sur les 226 enfants admis pour une défaillance cardiaque, 191 ont été inclus. Parmi ceux-ci, 49 % (94/191) ont eu initialement un diagnostic manqué d’insuffisance cardiaque. Sur les 94, 64 % des diagnostics n’étaient pas fait dans les centres de santé et 35 % dans[...]

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À propos de l’auteur

Service de Gastro-Entérologie et Nutrition Pédiatriques, Hôpital Armand Trousseau, PARIS.

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