Douleur thoracique de l’enfant : quand demander un avis cardiologique ?

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La survenue de douleur thoracique est une situation assez fréquente chez l’enfant, correspondant très souvent à des causes bénignes non cardiaques. Mais lorsque son siège est situé dans la région précordiale, la douleur est une source d’inquiétude par analogie à l’adulte chez lequel les causes cardiaques sont prépondérantes. Le but de cet article est de montrer qu’une analyse clinique rationnelle permet de demander un avis cardiologique seulement dans des situations rares, mais qui sont à bien connaître car certaines comportent un risque vital.

>>> Les douleurs thoraciques non cardiaques sont observées dans plus de 95 % des cas et sont de causes multiples :

  • Les douleurs musculo-squelettiques représentent au moins 50 % des causes de douleur thoracique et constituent le “syndrome de la paroi thoracique”, observé surtout chez les jeunes sportifs. Le mécanisme des douleurs n’est pas toujours clair : costochondrite, micro-traumatisme musculaire, cartilagineux ou osseux, inflammation articulaire (syndrome de Tietze), subluxation costo-sternale ou costo-vertébrale, syndrome de la “cote glissante”, fracture. Les douleurs musculo-squelettiques ont les caractères principaux suivants : douleur très localisée montrée avec l’index, douleur aiguë en “coup de poignard”, de brève durée, douleur reproduite par de grandes inspirations ou par la pression manuelle de la zone incriminée.
  • Une étiologie respiratoire est rapportée dans 8 à 12 % des douleurs thoraciques : pneumonie, pleurésie, pneumothorax, pneumomédiastin.
  • Les autres causes sont observées dans 5 % à 10 % des cas : douleurs digestives (œsophagite, gastrite), syndrome thora­cique de la drépanocytose, douleurs d’origine nerveuse (radiculalgie, zona).

>>> Les douleurs thoraciques de cause cardiovasculaire sont très rares chez l’enfant, de l’ordre de 1 %, principalement péricardites aiguës et myocardites. Une crise de tachycardie paroxystique s’accompagne volontiers d’une sensation douloureuse dans la région précordiale. L’ischémie myocardique est exceptionnelle mais présente un danger vital ; elle peut s’observer en cas d’anomalie coronaire congénitale (origine ou trajet anormal) ou acquise (séquelle de maladie de Kawasaki). L’embolie pulmo­naire est également une cause exceptionnelle de douleur thoracique. En cas de pathologie cardiaque ischémique, la douleur précordiale est sternale, diffuse (montrée avec la paume de la main), irradiante, pesante, constrictive, prolongée, déclenchée pendant l’effort, signe d’alerte majeur. Une douleur présente la nuit, augmentée en décubitus, associée à des palpitations, une pâleur intense, une syncope ou de la fièvre, oriente sérieusement vers une étiologie cardiovasculaire.

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À propos de l’auteur

Pôle Médico-Chirurgical de Pédiatrie, Hôpital Clocheville CHU et Université François Rabelais, TOURS.

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