Inégalité de longueur des membres inférieurs : quand s’inquiéter ?

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Plusieurs questions se posent immédiatement devant une inégalité de longueur des membres inférieurs (ILMI) :

  • Comment mesurer cette inégalité au mieux ?
  • Quelle en est la cause ?
  • Quel est le pronostic final de cette ILMI en fin de croissance ? Ce point est essentiel pour savoir à quel moment agir et quel traitement proposer.

La mesure de l’inégalité est clinique. Elle se fait en repérant les épines iliaques antéro-supérieures ou postérosupérieures. La méthode la plus fiable est de compenser par des planches le côté court et de vérifier alors que le bassin est horizontal. La marge d’erreur de cette mesure est inférieure à 5 mm.

La radiographie est un examen complémentaire. Elle doit comprendre l’ensemble des membres inférieurs en extension de face avec un bassin également équilibré. La mesure de l’inégalité de longueur sur une simple radio de bassin est parfaitement inutile.

Les causes des inégalités se répartissent en deux branches : les causes acquises (séquelles d’infection, de traumatisme, de maladie neurologique, tumorale ou de coxopathie) ou congénitales (malformative, vasculaire et hémihypertrophie). Cette dernière étiologie doit être recherchée avec précaution, dans la mesure où elle peut s’associer à un syndrome de Wiedemann-Beckwith dans lequel des tumeurs embryonnaires (néphroblastome, neuroblastome) sont particulièrement fréquentes, ce qui nécessite une surveillance régulière clinique et échographique.

Lors d’une consultation pour ILMI, il est indispensable de se situer au mieux sur la courbe de croissance de l’enfant par l’âge chronologique, la taille et l’âge osseux. Certaines inégalités évoluent de manière proportionnelle, ce qui permet précocement de donner un pronostic final d’inégalité. C’est le cas par exemple des malformations congénitales des membres inférieurs, parfois diagnostiquées en anténatal. Dès cette période, il est possible de faire un pronostic final de l’ILMI assez précis, l’inconnue restant la qualité des articulations sus et sous-jacentes.

La croissance des membres inférieurs se fait surtout au niveau des cartilages de croissance de l’extrémité inférieure du fémur et supérieure du tibia. Ils représentent 65 % de la croissance du membre inférieur. C’est donc à ce niveau que nous allons pouvoir agir le plus aisément.

Nous avons à notre disposition des courbes qui, en fonction de l’âge osseux, donnent le nombre de centimètres de croissance restant sur chaque cartilage de croissance, ce qui permet éventuellement de réaliser une épiphysiodèse, c’est-à-dire un blocage de la croissance au niveau de ce cartilage soit de manière définitive, soit de manière temporaire. Ce geste chirurgical est tout à fait bénin et évite de se retrouver en fin de croissance avec une inégalité importante, qui nécessiterait alors[...]

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À propos de l’auteur

Service d’Orthopédie et de Chirurgie réparatrice de l’enfant, Hôpital d’Enfants Armand-Trousseau, PARIS.

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