Maigreur constitutionnelle : quand y penser et que faire ?

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Chaque enfant a un niveau de corpulence génétiquement déterminé que ses centres cérébraux de régulation du poids cherchent à atteindre et à conserver, et ceci de la maigreur extrême à l’obésité massive. Les enfants ayant une maigreur constitutionnelle sont donc génétiquement programmés pour être maigres et le rester, comme le sont, en miroir, les obèses.

Quand évoquer une maigreur constitutionnelle ?

Le diagnostic repose exclusivement sur la clinique. Il s’agit d’un enfant dont le poids rapporté au poids idéal pour la taille est inférieur à 90 %, et dont les courbes staturale et pondérale ont toujours été parfaitement régulières, sans cassure. Un infléchissement statural, et donc pondéral, est néanmoins possible en cas de retard pubertaire simple, assez fréquemment observé chez ces enfants. L’absence de cassure pondérale permet d’éliminer les causes acquises de maigreur, comme l’anorexie mentale.
L’examen clinique est normal, sans signes de dénutrition ni d’aménorrhée. Enfin, le diagnostic est fortement étayé par l’existence d’un antécédent de maigreur constitutionnelle chez l’un des deux parents, qui témoigne de l’origine génétique de la corpulence [1].

Devant un tel tableau typique, aucun examen biologique ne doit être prescrit. Seule l’existence d’une cassure pondérale ou d’un signe clinique particulier (vomissements, diarrhée, altération de l’état général, etc.) doit faire rechercher un diagnostic différentiel.

Comment peut-on expliquer cette maigreur ?

Les enfants ayant une maigreur constitu­tionnelle sont génétiquement programmés pour être maigres, mais les mécanismes physiopathologiques sont différents selon leur comportement alimentaire.

>>> La plupart ont des ingesta diminués. Ce sont des enfants qui mangent quantitativement moins que leurs congénères normo-pondéraux et qui ont donc une satiété plus rapidement atteinte au cours d’un repas [2]. De ce fait, ils ont souvent faim avant le repas suivant et ont tendance à grignoter entre les repas [3]. Leur dépense énergétique est également adaptée à leur corpulence et à leur appétit réduit, et donc inférieure à celle des enfants normo-pondéraux [4].

>>> Certains ont des ingesta normaux, voire augmentés. Deux[...]

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À propos de l’auteur

Service de Nutrition et Gastroentérologie Pédiatriques, Hôpital Armand-Trousseau, PARIS.