L’ajout de Lactobacillus rhamnosus GG a-t-il un intérêt dans le traitement des gastroentérites aigües de l’enfant ?

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Schnadower D, Tarr PI, Casper TC et al. Lactobacillus rhamnosus GG versus placebo for acute gastroenteritis in children. N Engl J Med, 2018:379:2002-2014.

Les gastroentérites aigües (GEA) sont très fréquentes chez les enfants de moins de 5 ans et sont la deuxième cause de décès dans cette tranche d’âge dans le monde. Dans les pays industrialisés, les GEA représentent un coût de santé publique important. Des méta-analyses ont suggéré que les probiotiques amélioraient l’évolution des GEA par divers mécanismes, notamment en modulant la réponse immunitaire. Certaines sociétés savantes ont ainsi considéré l’utilisation de probiotiques dans les GEA de l’enfant. Cependant, la plupart de ces revues systématiques ont inclus des travaux avec des petits effectifs, un manque de contrôle des probiotiques et une méthodologie souvent discutable.

L’objectif de cette étude était d’évaluer si Lactobacillus rhamnosus GG (LGG), donné dès la consultation de l’enfant dans un service d’urgence pendant 5 jours, diminuait par rapport au placebo la proportion d’enfants avec une GEA modérée à sévère au cours des 15 jours de suivi.

Cette étude prospective, randomisée, en double aveugle a été réalisée dans 10 services d’urgence distincts nord-américains chez des enfants âgés entre 3 mois et 4 ans qui présentaient une GEA (au moins 3 selles liquides en 24 h avec ou sans vomissement depuis moins de 7 jours). Les enfants avec une pathologie chronique, immunodéprimés, une autre affection associée à la GEA ou avec des allergies médicamenteuses étaient exclus. Les enfants étaient randomisés pour recevoir soit 1010 UFC de LGG 2 fois par jour pendant 5 jours soit un placebo. La collection des données de l’évolution des symptômes était effectuée par téléphone ou par email tous les jours pendant 5 jours puis au 14e jour et à un mois. La sévérité de la GEA était établie par l’échelle clinique pédiatrique validée de Vesikari. Les capsules de LGG étaient testées 6 à 9 mois avant leurs péremptions pour vérifier l’absence de contaminants et leurs viabilités.

De juillet 2014 à juin 2017, 971 enfants ont été randomisés, 483 (49,7 %) dans le groupe LGG et 488 (50,3 %) dans le groupe placebo. La sévérité de la maladie était la même à l’inclusion entre les 2 groupes avec les mêmes scores de Vesikari et le même pourcentage d’enfants perfusés. L’analyse des selles obtenue chez 761 enfants a retrouvé la présence de virus dans 45,6 % des cas, de bactéries dans 15,2 % et de parasites dans 1,2 % avec des co-infections possibles. Aucun agent infectieux n’était retrouvé chez 42,8 % des patients. Le taux de patients recevant des antibiotiques et de l’ondansetron était similaire dans les 2 groupes. Le taux d’adhérence au traitement (au moins 7 doses sur 10 reçues) était de 86,5 % dans le groupe LGG et 87,8 %[...]

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À propos de l’auteur

Service de Gastro-Entérologie et Nutrition Pédiatriques, Hôpital Armand Trousseau, PARIS.

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