Le score d’Apgar est-il toujours adapté pour prédire le risque de mortalité des nouveau-nés ?

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LI F et al. The Apgar score and infant mortality. PLoS ONE, 2013;8:e69072.

Le score d’Apgar a été défini en 1952 pour évaluer le statut clinique du nouveau-né afin d’orienter les décisions d’assis-tance cardio-respiratoire en salle de naissance. Il évalue la fréquence cardiaque, l’effort respiratoire, le tonus musculaire, la réactivité et la couleur du nouveau-né. Chaque item est assigné du score 0, 1 ou 2 et le total donne le score final. Un score supérieur ou égal à 7 suggère une évolution favorable pour le bébé.

Il y a quelques années, des doutes ont été émis sur sa fiabilité pour prédire notamment l’évolution neurologique des enfants nés à terme. Par ailleurs, plusieurs facteurs peuvent altérer le score d’Apgar comme les médicaments reçus par la mère, les traumatismes, les anomalies congénitales, la prématurité. Il existe d’ailleurs peu de données sur la signification du score d’Apgar chez les prématurés. Le but de ce travail était d’évaluer si le score d’Apgar était toujours pertinent plus de 50 ans après sa création.

À partir de plusieurs registres nord-américains (NCHS et CDC) recensant les naissances et les décès, les auteurs ont isolé 39 956 864 naissances vivantes entre 1995 et 2004 dont l’évolution a été marquée par un décès dans la première année de vie. Après exclusion des grossesses multiples (≥ 3), des nouveau-nés de moins de 500 g, de moins de 24 SA ou de plus de 44 SA, 25 168 052 grossesses simples et 768 305 grossesses gémellaires ont été prises en compte pour évaluer le risque de décès en période néonatale et au cours de la première année de vie en fonction du score d’Apgar à 5 minutes de vie.

Dans cette population, l’âge moyen maternel était de 27,3 ans et l’incidence de la prématurité de 9,8 %. Les deux tiers des mères étaient de race blanche, et dans 83,6 % la grossesse avait été suivie depuis le 1er trimestre. Après la naissance, les prématurés avaient un score d’Apgar à 5 minutes 10 à 20 fois plus bas (< 7) que les nouveau-nés à terme ou post-terme. Pour l’ensemble de la population étudiée, le taux de mortalité néonatale et post-natale diminuait plus le score d’Apgar augmentait.

Pour les nouveau-nés dont le score d’Apgar était inférieur à 3, le taux de mortalité néonatale et post-natale restait significative-ment plus élevé, quel que soit le terme, par rapport aux enfants ayant un score plus important. De plus, si le score était ≥ 7, la mortalité diminuait progressivement avec l’augmentation de l’âge gestationnel. Quelques différences existaient selon les ethnies, les nourrissons de race noire prématurés ou non ayant un score d’Apgar ≤ 3 avaient un taux de survie de la naissance à 1 an significativement supérieur par rapport aux enfants de race blanche. En revanche, pour un score d’Apgar > 3, les enfants[...]

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À propos de l’auteur

Service de Gastro-Entérologie et Nutrition Pédiatriques, Hôpital Armand Trousseau, PARIS.

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