Le syndrome de Frey

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Le syndrome auriculo-temporal, ou syndrome de Frey, correspond à un érythème de la joue, ou de la région temporo-malaire, survenant dans la ou les minutes qui suivent la consommation de certains aliments.

Contexte

Ce diagnostic est volontiers méconnu ou oublié, probablement sous-estimé. De façon caricaturale, voici à quoi ressemble le courrier d’un médecin qui réfère un nourrisson présentant un syndrome de Frey : “J’ai vu ce petit âgé de 6 mois qui présente depuis le début de la diversification un érythème la face (la figure 1 montre une atteinte unilatérale temporale), apparaissant une minute après le repas et disparaissant en 20 minutes. Les éruptions sont chaque fois semblables, sans atteindre d’autres territoires cutanés. Cela survient après l’ingestion de poire, de petits pots de haricots verts, mais pas avec des purées de pomme de terre ou de carotte. Faut-il envisager une exploration allergologique ?”.

Présentation

L’érythème purement maculeux, sans œdème, est le plus souvent isolé, plus rarement associé à une hypersudation localisée (dans moins de 10 % des cas). Il est le plus souvent déclenché par la consommation d’aliments acides, aigres, épicés ou tout simplement appréciés (en fait par les aliments qui déclenchent une importante salivation). Il persiste 10 à 30 minutes avant de s’estomper spontanément. Ce phénomène est unilatéral (fig. 1) dans une majorité de cas (73 % dans la plus vaste série multicentrique, réalisée en France et publiée récemment par S Blanc et al.) [1]. Dans les formes bilatérales, l’atteinte est volontiers asymétrique.

Prise en charge

Il n’est pas rare que ces patients soient explorés à tort à la recherche d’une allergie alimentaire, avec la réalisation de prick-tests parfois multiples et d’une mesure des IgE spécifiques sur un prélèvement sanguin. Un tiers des enfants de l’étude française mentionnée ci-dessus avait eu des tests allergologiques. On peut pourtant distinguer le syndrome de Frey d’une allergie selon des critères anamnestiques et cliniques simples (tableau I). L’évolution naturelle de ce phénomène est de disparaître spontanément en quelques mois à quelques années, avec une disparition plus rapide (quelques mois) pour les formes bilatérales que pour les formes unilatérales (quelques années) qui sont plus volontiers dues à un traumatisme[...]

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À propos de l’auteur

Unité de Dermatologie Pédiatrique, Hôpital Pellegrin-Enfants, CHU, BORDEAUX.

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