Néonatologie : quoi de neuf ?

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Deux thèmes seulement cette année dont un qui va nous occuper encore un petit moment pour adapter nos protocoles : les cibles de saturation en oxygène chez le très grand prématuré. Une foison de grands essais dans des grandes revues et des questions persistantes.

Oxygène : trop d’oxygène nuit… pas assez aussi

Trois essais randomisés récents donnent des résultats pas toujours attendus sur les risques de cibles trop basses de saturation en oxygène.

1. Le premier d’entre eux, le SUPPORT trial (SUPPORT Study Group of the Eunice Kennedy Shriver NICHD Neonatal Research Network, 2010) [1]

Cet essai avait été évoqué dans Réalités Pédiatriques en 2010, mais pour la partie de l’étude consacrée à la CPAP. Il s’agit en effet d’une étude multicentrique ayant inclus aux États-Unis 1 316 patients au sein du réseau de recherche néonatale du NICHD (National Institute of Child Health and Human Development). Cette étude avait aussi pour but d’étudier les cibles de satura-tion. La population étudiée avait un âge gestationnel de 24 à 27 semaines d’aménorrhée (SA) +6 jours.

Le critère principal de jugement était la combinaison décès ou rétinopathie sévère. La randomisation était pratiquée en anténatal et séparait les enfants en 2 groupes : l’un “cible basse” dans lequel la cible était une saturation entre 85 et 89 % ; l’autre “cible haute” dans lequel la cible était une saturation entre 91 et 95 %. L’aveugle était assuré par l’utilisation de saturateurs modifiés qui affichaient une saturation entre 88 et 92 % pour les valeurs des cibles basses ou hautes. En bref, l’équipe clinique avait pour tâche de maintenir la saturation entre 88 et 92 %, mais la saturation réelle de l’enfant était entre 85 et 89 % ou entre 91 et 95 % suivant son groupe de randomisation. Ces cibles de saturation étaient maintenues jusqu’à 36 semaines d’âge post-menstruel, ou jusqu’à ce que l’enfant soit sevré de tout oxygène et support respiratoire pendant 72 heures. La saturation était enregistrée pendant toute l’étude.

Les résultats ne montrent pas de différences entre les 2 groupes pour le critère principal de jugement (rétinopathie sévère ou décès). Les résultats mettent en évidence une diminution significative de près de 50 % de l’incidence des rétinopathies sévères (RR 0,52 ; IC 95 % : 0,37-0,73), résultat rassurant et même encourageant mais… Patatras ! Il existe une augmentation du risque de décès[...]

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À propos de l’auteur

Service de Médecine et Réanimation Néonatales de Port-Royal, Hôpital Cochin, Université Paris Descartes, PARIS.

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