Archives mensuelles : janvier, 2020

Un germe et sa prévention
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La poliomyélite (antérieure aiguë), ou plus familièrement la polio, accompagne probablement l’espèce humaine dès ses premiers pas. On retrouve sur une stèle égyptienne de –1400 années avant notre ère l’attitude caractéristique d’un scribe atteint de cette maladie avec une atrophie asymétrique d’un membre inférieur (fig. 1). Dès l’antiquité donc, la maladie semble affecter toutes les parties du globe, même si les données pour l’affirmer sont pour le moins fragiles.

Revues générales
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Les difficultés alimentaires sont des problèmes fréquemment rencontrés chez le jeune enfant. Le pédiatre est souvent confronté à un jeune nourrisson qui, au cours de la tétée ou de la prise du biberon, se jette en arrière, pleure ou se tortille. Les repas s’éternisent et l’émission du rot est difficile. Dans ces situations, un reflux gastro-œsophagien (RGO) ou une allergie aux protéines de lait de vache (APLV) sont souvent évoqués. La prescription d’hydrolysats poussés et d’inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) concernerait un tiers des enfants présentant des difficultés alimentaires.

Revues générales
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Le pédiatre ne peut refuser d’établir un certificat médical initial constatant des lésions pouvant être consécutives à des violences volontaires ou des blessures involontaires subies, et précisant l’existence et la durée d’une incapacité totale de travail (ITT) qui en résulte.
Le terme d’ITT est ambigu. Au sens pénal, l’ITT reflète la période pendant laquelle la victime ne peut remplir la totalité des fonctions basiques de la vie courante du fait de son état. Cette incapacité se compte en jours ou en mois. Elle permet au magistrat de qualifier juridiquement l’infraction applicable.

Dossier : Infectiologie : nouveaux regards
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Comme le rappelle Santé publique France (bulletin de la semaine 15, 2019), “la réduction du fardeau lié à la grippe chaque année repose sur l’amélioration de la couverture vaccinale mais égale­ment sur le respect des mesures barrières, la limitation des contacts avec des sujets à risque en cas de syndrome grippal et l’utilisation des antiviraux pour les sujets à risque.”
La saison 2018-2019 a été marquée par sa brièveté et la prédominance de la co-circulation des virus influenza A/H1N1 et A/H3N2. La place des enfants dans la diffusion de la grippe en population et dans le nombre de consultations ambulatoires et d’hospitalisations est une constante, ils ne sont pas indemnes de formes sévères.
Les professionnels de santé comme le public ont besoin d’être sensibilisés à la grippe et à sa
prévention pour augmenter la couverture vaccinale, nettement insuffisante dans tous les groupes ciblés par les recommandations. Les pharmaciens ont vacciné dans quatre régions métropolitaines cette saison ; une extension à l’ensemble du territoire est faite à partir de la saison 2019-2020.
Les vaccins tétravalents sont possibles chez les enfants dès l’âge de 6 mois à dose pleine (selon les recommandations du calendrier vaccinal 2019). Les recommandations des antiviraux ont été actu­alisées en mars 2018 par le HCSP.

Dossier : Infectiologie : nouveaux regards
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Face à l’émergence de souches bactériennes résistantes aux antibiotiques, réduire leur consommation est une priorité. Bien que le lien entre traitement court et diminution de la pression de sélection ne soit pas clairement démontré, la réduction des durées de traitement reste un objectif important.
Plusieurs études ont montré que, pour l’angine à streptocoque A, un traitement court de 6 jours d’amoxicilline permettait d’obtenir des taux d’éradication satisfaisants. De la même manière, un
traitement court de 5 jours a été validé pour la pneumonie franche lobaire aiguë.
En revanche, pour l’otite moyenne aiguë chez l’enfant de moins de 2 ans, plusieurs études rando­misées ont montré qu’une durée raccourcie de traitement antibiotique augmentait significativement le risque d’échec. Pour cette pathologie, ainsi que pour la sinusite, les biofilms semblent jouer un rôle important dans les situations d’échec/de récidive, ce qui peut expliquer la nécessité de maintenir un traitement prolongé.

Dossier : Infectiologie : nouveaux regards
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Face à l’augmentation des infections à bactéries multirésistantes (BMR) dues à la surprescription des antibiotiques, des équipes d’infectiologie transversale sont maintenant présentes dans de nombreux hôpitaux en France. Ces équipes, coordonnées par un clinicien référent en antibiothérapie, travaillent en lien étroit avec les microbiologistes, les pharmaciens et les hygiénistes. Elles exercent une activité transversale dans tous les services cliniques de l’hôpital afin d’optimiser la prise en charge des patients hospitalisés nécessitant un traitement antibiotique et de réduire les antibiothérapies inutiles ou inappropriées.
Ces équipes sont particulièrement utiles dans les services à haut risque infectieux (réanimation, hémato-oncologie…), dans les services de chirurgie et pour la prise en charge des infections à BMR et à bactéries hautement résistantes.

Tribune
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La pédiatrie se meurt, notre chère spécialité est à l’agonie, en témoignent les récents cris d’alarmes des soignants diffusés ces dernières semaines dans les médias régionaux ou nationaux. Pourquoi cette affluence subite de manifestations des professionnels de santé ? Lorsque l’on est soignant, que l’on s’occupe de malades qui souffrent au quotidien, la décence impose un devoir de réserve sur nos propres souffrances ou difficultés en regard de celles de nos patients : on tient envers et contre tout. Mais, lorsque les difficultés sont telles que les malades eux-mêmes, en particulier les enfants, en payent les conséquences, l’indécence change de camp et on s’insurge alors de ne pas pouvoir faire notre travail ne serait-ce que correctement.

Billet du mois
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J’aurais voulu, en cette fin d’année, proposer à Réalités Pédiatriques un billet qui ne soit que sérénité, étonnements émerveillés, ENFANCE. Un billet de souhaits de belles perspectives pour un métier que l’on aime, pour des relations humaines apaisées, pour des motivations retrouvées. En tous domaines.

Analyse bibliographique
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Jusqu’à la fin des années 1950, le poliovirus était une cause commune de paralysie flasque aiguë (PFA) avec environ 15 000 cas annuels aux États-Unis. Cet agent pathogène peut, en effet, créer une inflammation aiguë des cellules de la corne antérieure de la moelle épinière (substance grise). La généralisation de la vaccination contre le poliovirus a fait disparaître les cas de PFA dus à ce virus. Cependant, de véritables formes de PFA ont été décrites dans les années 1990 et 2010 secondaires à d’autres virus de type entérovirus et coxsackie virus. Suite à une épidémie en 2014 au Colorado, les autorités sanitaires américaines ont redéfini la PFA comme une faiblesse soudaine des membres avec des lésions de la substance grise de la moelle épinière sur l’IRM survenant chez des jeunes de moins de 21 ans.