Comment améliorer la prise en charge de l’anaphylaxie ?

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Lee J et al. Improving anaphylaxis care : the impact of a clinical pathway. Pediatrics, 2018;141:online.

L’anaphylaxie est une réaction sévère qui peut toucher tous les organes et mettre en jeu le pronostic vital. Elle survient surtout dans le cadre d’allergies alimentaires qui touchent entre 4 et 8 % des enfants aux États-Unis. Le succès du traitement repose sur la reconnaissance des signes cliniques et l’administration d’adrénaline. Les services d’urgences jouent un rôle central dans la prise en charge de l’anaphylaxie. Compte-tenu de la possibilité d’une réaction biphasique, une surveillance allant de 3-4 heures à 24 heures est préconisée. Cette deuxième phase survenant dans moins de 10 % des cas en pédiatrie, plusieurs consensus ont réduit la durée d’observation à 8 h.

Le but de ce travail était d’évaluer si la réduction de l’observation post anaphylaxie à 4 h était sans danger et d’évaluer l’impact de l’éducation thérapeutique sur l’administration d’adrénaline à l’arrivée aux urgences.

Cette étude a été réalisée à l’hôpital pédiatrique de Philadelphie où en 2014, une équipe multidisciplinaire a réduit la durée de surveillance post anaphylaxie de 8 à 4 heures. Pour cela, le patient devait avoir une résolution complète des symptômes, un accès facile aux urgences et l’absence d’histoire antérieure de réaction biphasique ou sévère, d’antécédent d’asthme sévère, de signes de progression des symptômes, d’hypotension, de la nécessité d’une deuxième dose d’adrénaline ou d’une hydratation intraveineuse. Par ailleurs, les protocoles d’éducation thérapeutique ont été révisés avec une incitation à administrer rapidement l’adrénaline dès l’arrivée du patient aux urgences (avant 20 minutes) et à prescrire un stylo d’adrénaline au décours de la consultation pour anaphylaxie. Les auteurs comparaient rétrospectivement la population d’enfants avec une anaphylaxie 18 mois avant la révision des pratiques et 18 mois après.

Dans les 18 mois avant la révision des pratiques, 182 enfants d’âge médian de 6, 5 ans, se sont présentés aux urgences pour anaphylaxie et 257 cas d’âge médian de 6 ans ont été vus sur la période des 18 mois suivants. Dans la première cohorte, 58,2 % (106 sur 182) patients ont été admis en hospitalisation. Après la révision du protocole, le taux d’admission baissait à 24,3 % (65 sur 257) soit une réduction de 60 % par rapport à la cohorte initiale (p < 0,0001). Il n’y avait pas de différence significative concernant le taux de réadmission des patients dans les 72 heures après la sortie entre les 2 cohortes soit 1,3 % sur la première période et 2,6 % après révision des protocoles (4 enfants avec une urticaire et un avec une détresse respiratoire, traité par adrénaline aux urgences). Aucun décès[...]

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À propos de l’auteur

Service de Gastro-Entérologie et Nutrition Pédiatriques, Hôpital Armand Trousseau, PARIS.

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