Infection à adénovirus et atteinte du système nerveux central chez l’enfant

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Schwartz KL, Richardson SE, MacGregor D et al. Adenovirus-associated central nervous system disease in children. J Pediatr, 2019;205:130-137.

Les infections à adénovirus sont fréquentes en pédiatrie et se manifestent habituellement par une atteinte respiratoire, digestive ou oculaire. L’atteinte du système nerveux central est en revanche rare. Les larges études prospectives réalisées chez des adultes souffrant d’encéphalites n’ont pas retrouvé que l’adénovirus en était une étio­logie. En revanche, deux études pédiatriques retrouvaient une atteinte neurologique dans 3 à 5 % des cas d’enfants présentant une infection à adénovirus.

Le but de ce travail canadien était de mieux caractériser l’atteinte neurologique en rapport avec une infection à adénovirus chez les enfants immunocompétents. Les enfants âgés de 1 mois à 18 ans, pris en charge entre janvier 2000 et décembre 2016, qui ont présenté des symptômes neuro­logiques dans le cadre d’une infection à adénovirus, ont été identifiés à partir de 3 sources : le registre de microbiologie et celui des encéphalites de l’hôpital pour enfants de Toronto et une revue systématique de la littérature. Pour être inclus, les enfants devaient avoir une PCR adénovirus positive au niveau d’un prélèvement stérile ou non et une atteinte neurologique.

L’analyse combinée des résultats a permis d’identifier 48 enfants avec une atteinte du système nerveux central dans le cadre d’une infection à adénovirus, 38 cas dans la littérature et 10 à l’hôpital pédiatrique de Toronto. Les symptômes neurologiques retrouvés étaient des troubles de la conscience et/ou des convulsions et/ou une méningite et/ou des déficits focaux. L’âge moyen au diagnostic des enfants était de 2 ans (1,3-5,3), 19 (40 %) étaient des filles.

La fièvre était présente dans 94 % des cas. Les symptômes associés les plus fréquents étaient une atteinte des voies respiratoires (48 %), des vomissements (22 %) et une diarrhée (19 %). Une pneumonie était diagnostiquée dans 50 % des cas. 40 % des enfants ont développé au cours de l’hospitalisation une hépatite et 15 % une coagulopathie. La détection du virus dans le liquide céphalo-rachidien ou le tissu cérébral n’était retrouvée que dans 15 % des cas. 21 % des enfants sont morts et 17 % ont eu des séquelles neurologiques irréversibles. En analyse univariée, le jeune âge, les convulsions, l’absence de méningisme et une coagulopathie étaient associés à un pronostic péjoratif. En analyse multivariée, seules les convulsions étaient significativement associées à une évolution
défavorable.

Un sérotype était identifié dans 73 % des cas, le sérotype 7 était le plus fréquent. Le sérotype 3 était responsable d’encéphalopathies transitoires ou d’atteintes modérées, alors que le sérotype 2 entraînait[...]

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À propos de l’auteur

Service de Gastro-Entérologie et Nutrition Pédiatriques, Hôpital Armand Trousseau, PARIS.

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