L’utilisation de la crème EMLA chez les nourrissons de moins de 3 mois est-elle utile et sans danger ?

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Shahid S, Florez ID, Mbuagbaw L. Efficacity and safety of EMLA Cream for pain control due to venipuncture in infants : a meta-analysis. Pediatrics, 2019;143:in press.

Chez les nourrissons hospitalisés, la réalisation de prélèvements sanguins est fréquente. La douleur engendrée par ceux-ci entraîne des changements physiologiques, biochimiques et comportementaux chez le jeune enfant. Ces expériences douloureuses précoces sont susceptibles d’altérer ultérieurement la perception et la réponse émotionnelle à des stimuli douloureux.

La crème EMLA contient un mélange de lidocaïne et de prilocaïne qui, en diffusant à travers la peau, va bloquer la transmission neuronale au départ des récepteurs du derme. Si cette crème est efficace chez l’enfant de plus de 3 mois, son utilisation chez l’enfant plus jeune reste plus débattue, liée notamment au risque de survenue d’une méthémoglobinémie.
Le but de cette revue systématique avec méta-analyse était de déterminer l’efficacité et la sécurité d’emploi de la crème EMLA chez les prématurés et les enfants nés à terme de moins de 3 mois.

Tous les essais randomisés contrôlés (ERC), retrouvés dans les bases de données jusqu’en août 2017, étudiant les effets de la crème EMLA chez des enfants prématurés (25-36 SA) et des enfants nés à terme (37-42 SA), ayant des prélèvements sanguins avant l’âge de 3 mois, ont été inclus. L’utilisation de l’EMLA était comparée à un placebo, à l’administration de saccharose ou à une tétée en cas d’allaitement maternel.

Les objectifs principaux étaient d’évaluer l’effet du traitement sur la douleur (échelles spécifiques validées) et la survenue d’une méthémoglobinémie (> 5 %). Les objectifs secondaires étaient d’évaluer la durée des pleurs, la fréquence cardiaque, la saturation en O2 et le blanchiment de la peau dû à la vasoconstriction. Deux reviewers indépendants ont analysé les articles.

Sur les 2 988 études initiales, 10 ERC ont été inclus avec un nombre total de 907 nourrissons.

Dans 6 études (n = 742), en comparaison de l’administration d’un placebo, du saccharose ou d’une tétée pendant le prélèvement sanguin, l’EMLA avait un bénéfice nul ou minime sur la douleur avec une différence moyenne standardisée (DMS) de 0,14 (IC 95 % : -0,17 à 0,45). Dans 4 études (n = 226), l’administration d’EMLA en comparaison d’un autre traitement entraînait un bénéfice minime à modéré sur la douleur à la fin du prélèvement sanguin (DMS : -0,26 ; IC 95 % : -0,59 à 0,07).

Concernant la méthémoglobinémie, aucune étude n’a retrouvé des taux > 5 % ou des signes cliniques spécifiques, mais dans 2 ERC (n = 134), l’administration d’EMLA par rapport à un placebo avait un effet faible à modéré pour augmenter les taux de méthémoglobine avec une DMS de[...]

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À propos de l’auteur

Service de Gastro-Entérologie et Nutrition Pédiatriques, Hôpital Armand Trousseau, PARIS.

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