Nutrition

Revues générales
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Un allaitement maternel exclusif prolongé ne diminue pas le risque de survenue d’une allergie aux protéines de lait de vache (APLV) et il n’existe pas de recommandations spécifiques concernant la prévention de ce type d’allergie chez des nourrissons exclusivement allaités.
Des études récentes ont montré que l’administration de PLV par complément de petits biberons au cours d’un allaitement maternel exclusif dès la maternité ou dès le premier mois de vie aurait un effet bénéfique sur la prévention de l’APLV, à condition que les prises soient régulières et les quantités bues d’au moins 10 mL par jour. Les volumes de lait infantile ne doivent cependant pas être trop importants afin de ne pas compromettre l’allaitement maternel.

Compte rendu des 23es JIRP
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Les obésités génétiques précoces sont caractérisées par leur sévérité et leur précocité (indice de masse corporelle > IOTF-30 voire > IOTF-40 avant 6 voire 3 ans). Elles sont associées à des troubles du comportement alimentaire (hyperphagie insatiable, absence de contrôle et de restriction possible, pleurs incessants chez les plus petits) et le plus souvent des troubles du neurodéveloppement et/ou des traits dysmorphiques et/ou des anomalies endocriniennes. Elles sont liées à une altération centrale de la régulation du poids au niveau de l’hypothalamus, qui est en étroite relation avec les autres centres régulateurs du comportement alimentaire et du métabolisme (systèmes de récompense, régions corticales et organes périphériques).

Compte rendu des 23es JIRP
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Les troubles du comportement alimentaire se multiplient aujourd’hui chez les enfants et les adolescents pour des raisons qui ne sont pas liées à la nourriture elle-même, mais qui relèvent clairement de l’idéologie. Un faisceau de raisons hétéroclites, qui va de l’indignation face à la souffrance animale à l’inquiétude au sujet du dérèglement climatique, en passant par une culpabilité diffuse, qui ne demande qu’un prétexte pour s’auto-flageller, explique en effet le dégoût moral qui s’exprime de plus en plus à l’égard de l’alimentation carnée, accusée de tous les maux.

Compte rendu des 23es JIRP
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Certaines recommandations nutritionnelles institutionnelles ne sont pas toujours en phase avec celles élaborées par les pédiatres experts au nom de sociétés savantes. En effet, celles provenant du Haut Conseil de santé publique (HCSP) [1], constitué majoritairement de médecins épidémiologistes et reprenant presque intégralement les recommandations de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) élaborées en majeure partie par des ingénieurs agronomes [2], divergent parfois avec celles des experts pédiatriques.

Compte rendu des 23es JIRP
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La vitamine D joue un rôle majeur dans la croissance et la qualité osseuse, mais a également des effets bénéfiques systémiques. La supplémentation en vitamine D a pour objectif de limiter les rachitismes carentiels et d’optimiser le pic de masse osseuse, qui sont deux objectifs prioritaires en termes de santé publique, dans un contexte où les rachitismes carentiels n’ont pas disparu en France [1, 2].

Revues générales
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Les laits infantiles ont pour objectif de se rapprocher de la composition du lait de mère d’un point de vue nutritionnel, mais également pour ses propriétés physiologiques et immunomodulatrices. De nombreuses études ont démontré que le microbiote intestinal est étroitement corrélé à la maturation du système immunitaire et au développement des maladies atopiques chez les nourrissons. Un nouvel enjeu pour les industriels est donc de développer des laits infantiles afin que le microbiote des nourrissons soit le plus proche possible de celui de ceux de référence, à savoir les enfants allaités nés par voie basse.
Dans cette revue, nous verrons les moyens employés pour tenter d’améliorer la composition des laits infantiles et les bénéfices attendus pour les nourrissons au niveau du microbiote, de l’immunité et de l’allergie.

L'année pédiatrique 2021
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En effectuant la revue bibliographique en nutrition pédiatrique, j’ai d’abord été attristé par le nombre d’articles qui reprennent les poncifs habituels sur les risques liés à l’obésité et à la “malbouffe” sous toutes ses formes, sans rien nous apprendre de nouveau ou, pire encore, en sombrant dans des clichés erronés nourris par une interprétation biaisée des données récoltées. Je vous en épargnerai. Mon choix s’est ainsi porté vers des papiers scientifiquement fiables qui vont modifier notre pratique au quotidien.

Analyse bibliographique
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Le transfert actif et passif d’éléments de l’immunité via le lait maternel est essentiel pour la protection du nouveau-né contre les infections comme les gastro­entérites, les sepsis néonataux ou encore les infections respiratoires, avec une diminution de la fréquence, de la durée des épisodes et du risque d’hospitalisation par rapport à des nouveau-nés alimentés avec un lait infantile. Des changements des composants immunitaires du lait maternel ont été observés après l’administration de certains vaccins pendant la grossesse ou la lactation. Des études sur le lait maternel des mères ayant eu la COVID-19 ont montré la présence d’anticorps anti-SARS-CoV-2 ayant des capacités neutralisantes. La présence d’anticorps neutralisants après un vaccin contre ce virus dans le lait maternel n’est pas connue.

Dossier : Controverses en nutrition
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La diversification menée par l’enfant (DME) consiste à laisser le nourrisson s’alimenter seul avec les doigts à partir de l’âge de 6 mois tout en poursuivant une alimentation lactée, au sein ou au biberon. La prévention du refus des morceaux est le seul bénéfice de la DME par rapport à une diversification traditionnelle à la cuillère au cours de laquelle l’âge recommandé pour l’introduction des morceaux n’a pas été respecté.
En revanche, la prévention de l’obésité par un meilleur contrôle des ingesta par l’enfant parfois rapportée est une utopie. Les risques potentiels de la DME sont les fausses-routes, dont l’issue peut être dramatique en cas de surveillance défectueuse de l’enfant, et les carences nutritionnelles, notamment en fer et en lipides. Au total, malgré de nombreux adeptes, la DME semble présenter plus de risques qu’elle n’offre de bénéfices.

Dossier : Controverses en nutrition
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Des cas d’intoxication vitaminique D suite à l’usage de compléments alimentaires très concentrés en vitamine D ont été décrits en France ces derniers mois, certains induisant même des hypercalcémies sévères avec néphrocalcinose et des hospitalisations en réanimation chez des nourrissons auparavant en bonne santé. En parallèle, on constate une augmentation de l’administration de vitamine D via des compléments alimentaires et non par la vitamine D médicamenteuse, parfois sur les conseils inadaptés de professionnels de santé ou à la demande de parents cherchant des “vitamines D naturelles”. Enfin, il existe, chez certains professionnels de santé, une réticence à prescrire la vitamine D médicamenteuse du fait de la présence de certains excipients.
Avec ces éléments, l’Anses, l’ANSM, les centres de pharmacovigilance, les sociétés savantes et le Centre de référence des maladies rares du calcium et du phosphate ont diffusé une alerte en janvier 2021 sur les risques de l’utilisation des compléments alimentaires à base de vitamine D en pédiatrie. L’objectif de cet article est de détailler le rationnel à l’origine de cette alerte.